Sociétés et prospectives. M’enfin, pourquoi cette plateforme Sociétés et prospectives ? Comment cette idée germe-t-elle, pourquoi, et depuis quand ? Notre vécu, dans la société, en famille, notre parcours, nos expériences professionnelles forgent à travers le temps l’individu que nous devenons au fil des années. Un individu est confronté, selon les contextes ou les événements, à des situations X, Y, ou Z. Ces contextes et événements créent et font naître des envies, des projections, des stimulations, des projets divers de création, de réflexion, ou d’exploration du connu et de l’inconnu.

Je n’échappe pas à cela, et c’est justement mon vécu en société, en famille, et dans les sphères professionnelles qui ont fait naître en moi, nourri cette envie de créer un cadre d’échange, de réalisation et de production de services et programmes divers, afin d’échanger, discuter, partager, réfléchir ensemble sur le passé, le présent, et faire des projections sur un futur que l’on peut imaginer certes à sa façon, mais également ensemble dans un cadre comme celui de cette plateforme, en participant au débat, sur base de situations, de contextes ou des faits de sociétés. 

« On ne choisit pas ses parents, on ne choisit sa famille, être né quelque part… » Ça vous dit quelque chose ces phrases ? Ou dirais-je, ça vous rappelle quelque chose cet air de musique de Maxime Le Forestier ? Les origines familiales, qui sont ou seraient « pures » pour une catégorie d’une population, et pour une autre catégorie de la population, je ne trouve pas le mot, mais essayons quand même, « impures », « des mélanges », « des mixtes » ? On s’y perd dans toutes ces qualifications. Naît-on du bon bord ou du mauvais bord encore en 2021, était-ce le cas en 1900, ou il y a de cela plusieurs siècles ? Le comédien et animateur célèbre télé, Trevor Noah, traite de cette thématique dans son livre « Born a crime», un titre qui peut être traduit par « une naissance, des naissances perçues comme un crime ».

Née d’un père Tutsi, et d’une mère Hutu, tous les deux Burundais, dans une société « soft », où règnent la discrétion et la loi du silence, il m’aura fallu des années, avant de pouvoir « décoder » les codes de la société, à chaque coin de rue, dans chaque sourire, bonjour, inclinaison de la tête, murmure, battement de cils, dans une posture, un mot, ou une petite phrase. Citoyenne du monde, l’ouverture d’esprit, à toutes les différences, me fascine depuis petite, toujours dans l’observation, et dans la découverte de l’autre. Mes yeux de petite fille ont ingurgité des tonnes d’information en observant la société, « ces personnes différentes », mon père, ma mère, cette femme voisine que le destin, des kilomètres de route, l’océan, ont projeté dans une nouvelle vie d’errance, loin des siens, de sa terre natale. 

Les différences existent, que ce soit au niveau des origines familiales, en rapport avec le degré de richesse, du lieu de naissance, ou du degré d’exposition ou de contact avec des faits culturels ou sociaux. Mais ces différences n’expliquent pas le fait de mettre des individus dans des castes, dans des boîtes, marquer sur leur front au feutre rouge cette différence : un refus de la liberté de penser, d’agir, de se mouvoir, et de communier avec les différentes composantes d’une société. Les différences sont, devraient en réalité, être une richesse à valoriser, des occasions de partage, et ne pas constituer des points de cristallisation, de diverses manifestations négatives, un prétexte de discrimination, et de création de castes. Pourquoi ne pas se dire que l’appartenance à plusieurs cultures ou ethnies créée des ambassadeurs et des points de liaison dans des sociétés.

Différentes thématiques occuperont ainsi les débats sur cette plateforme, à titre d’exemple, que dire des souffrances infligées aux petites ou jeunes filles suite à l’excision ? Comment survivent les familles confrontées à l’adversité dans de nouveaux environnements, tel qu’en Afrique de l’Est, en Europe centrale et orientale, au sein de l’Union européenne, ou en Amérique centrale, suite notamment à des conflits ou au déplacement des populations du fait des catastrophes naturelles ? Quelles opportunités pour ces familles et leur progéniture ? Quid de leur apprentissage des codes dans les sociétés d’accueil ?

Mais aussi, quelle est la place de la femme dans les différentes sphères de la société, quel est son rôle dans une famille, les défis, les obstacles, et la résilience des femmes, des familles, des jeunes générations, des hommes, mais également leurs petits plaisirs au quotidien, leurs forces et l’envie de toujours y croire, juste humer l’air, et goûter, à une vie faite de hauts et de bas. Telles sont les exemples de thématiques qui seront abordées sur cette plateforme, pour un débat riche, contradictoire et inclusif, j’espère.